Saltar al contenido

Chapitre 38

Chapitre 38

Émile Zola

Parte 1 de 59 min6 palabras para aprender

Toca cualquier palabra para ver su significado, guardarla o escuchar desde esa frase.

Dans la nuit même qui avait suivi l'écroulement du Voreux, M. Hennebeau était parti pour Paris, voulant en personne renseigner les régisseurs, avant que les journaux pussent même donner la nouvelle. Et, quand il fut de retour, le lendemain, on le trouva très calme, avec son air de gérant correct. Il avait évidemment dégagé sa responsabilité, sa faveur ne parut pas décroître, au contraire le décret qui le nommait officier de la Légion d'honneur fut signé vingt-quatre heures après.

Mais, si le directeur restait sauf, la Compagnie chancelait sous le coup terrible. Ce n'étaient point les quelques millions perdus, c'était la blessure au flanc, la frayeur sourde et incessante du lendemain, en face de l'égorgement d'un de ses puits. Elle fut si frappée, qu'une fois encore elle sentit le besoin du silence. A quoi bon remuer cette abomination? Pourquoi, si l'on découvrait le bandit, faire un martyr, dont l'effroyable héroïsme détraquerait d'autres têtes, enfanterait toute une d'incendiaires et d'assassins? D'ailleurs, elle ne soupçonna pas le vrai coupable, elle finissait par croire à une armée de complices, ne pouvant admettre qu'un seul homme eût trouvé l'audace et la force d'une telle besogne; et là, justement, était la pensée qui l'obsédait, cette pensée d'une menace désormais grandissante autour de ses fosses. Le directeur avait reçu l'ordre d'organiser un vaste système d', puis de congédier un à un, sans bruit, les hommes dangereux, soupçonnés d'avoir trempé dans le crime. On se contenta de cette , d'une haute prudence politique.

Il n'y eut qu'un renvoi immédiat, celui de Dansaert, le maître-porion. Depuis le scandale chez la Pierronne, il était devenu impossible. Et l'on prétexta son attitude dans le danger, cette lâcheté du capitaine abandonnant ses hommes. D'autre part, c'était une avance discrète aux mineurs, qui l'exécraient.

Cependant, parmi le public, des bruits avaient transpiré, et la Direction dut envoyer une note à un journal, pour démentir une version où l'on parlait d'un baril de poudre, allumé par les grévistes. Déjà, après une rapide enquête, le rapport de l'ingénieur du gouvernement concluait à une rupture naturelle du cuvelage, que le tassement des terrains aurait occasionnée; et la Compagnie avait préféré se taire et accepter le blâme d'un manque de surveillance. Dans la presse, à Paris, dès le troisième jour, la catastrophe était allée grossir les faits divers: on ne causait plus que des ouvriers agonisant au fond de la mine, on lisait avidement les dépêches publiées chaque matin. A Montsou même, les bourgeois blêmissaient et perdaient la parole au seul nom du Voreux, une légende se formait, que les plus hardis tremblaient de se raconter à l'oreille. Tout le pays montrait aussi une grande pitié pour les victimes, des promenades s'organisaient à la fosse détruite, on y accourait en famille se donner l'horreur des décombres, pesant si lourd sur la tête des misérables ensevelis.

Deneulin, nommé ingénieur divisionnaire, venait de tomber au milieu du désastre, pour son entrée en fonction; et son premier soin fut de refouler le canal dans son lit, car ce torrent d'eau aggravait le dommage à chaque heure. De grands travaux étaient nécessaires, il mit tout de suite une centaine d'ouvriers à la construction d'une digue. Deux fois, l' du flot emporta les premiers barrages. Maintenant, on installait des pompes, c'était une lutte acharnée, une reprise violente, pas à pas, de ces terrains disparus.

Mais le sauvetage des mineurs engloutis passionnait plus encore. Négrel restait chargé de tenter un effort suprême, et les bras ne lui manquaient pas, tous les charbonniers accouraient s'offrir, dans un élan de fraternité. Ils oubliaient la grève, ils ne s'inquiétaient point de la paie; on pouvait ne leur donner rien, ils ne demandaient qu'à risquer leur peau, du moment où il y avait des camarades en danger de mort. Tous étaient là, avec leurs outils, frémissant, attendant de savoir à quelle place il fallait taper. Beaucoup, malades de frayeur après l'accident, agités de tremblements nerveux, trempés de sueurs froides, dans l'obsession de continuels cauchemars, se levaient quand même, se montraient les plus enragés à vouloir se battre contre la terre, comme s'ils avaient une revanche à prendre. Malheureusement, l'embarras commençait devant cette question d'une besogne utile: que faire? comment descendre? par quel côté attaquer les roches?

L'opinion de Négrel était que pas un des malheureux ne survivait, les quinze avaient à coup sûr péri, noyés ou asphyxiés; seulement, dans ces catastrophes des mines, la règle est de toujours supposer vivants les hommes murés au fond; et il raisonnait en ce sens. Le premier problème qu'il se posait était de déduire où ils avaient pu se réfugier. Les porions, les vieux mineurs consultés par lui, tombaient d'accord sur ce point: devant la crue, les camarades étaient certainement montés, de galerie en galerie, jusque dans les tailles les plus hautes, de sorte qu'ils se trouvaient sans doute acculés au bout de quelque voie supérieure. Cela, du reste, s'accordait avec les renseignements du père Mouque, dont le récit embrouillé donnait même à croire que l'affolement de la fuite avait séparé la bande en petits groupes, semant les fuyards en chemin, à tous les étages. Mais les avis des porions se partageaient ensuite, dès qu'on abordait la discussion des tentatives possibles. Comme les voies les plus proches du sol étaient à cent cinquante mètres, on ne pouvait songer au fonçage d'un puits. Restait Réquillart, l'accès unique, le seul point par lequel on se rapprochait. Le pis était que la vieille fosse, inondée elle aussi, ne communiquait plus avec le Voreux, et n'avait de libre, au-dessus du niveau des eaux, que des tronçons de galerie dépendant du premier accrochage. L'épuisement allait demander des années, la meilleure décision était donc de visiter ces galeries, pour voir si elles n'avoisinaient pas les voies submergées, au bout desquelles on soupçonnait la présence des mineurs en détresse. Avant d'en arriver là logiquement, on avait beaucoup discuté, pour écarter une foule de projets .

Palabras de esta parte

Blitz de lectura

¿Cuántas palabras se te quedaron?

Una ronda rápida con las 6 palabras de las partes que acabas de leer. Solo práctica, no cuenta para la clasificación.

Empezar el Blitz
SiguienteHoyVolver al plan de hoy