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Comprendre et manier le double sens avec tact · Quand le trait d'esprit passe mal
The situation
Mathilde et Karim, collègues, se tutoient; avec madame Roux, cliente, ils emploient vous et un registre soutenu. Ils parlent d'une ironie de Karim qui a mal passé.
- Pendant la réunion avec madame Roux, tu as dit que notre calendrier était très optimiste, et j'ai vu qu'elle ne souriait pas du tout.
- C'était une plaisanterie entre nous, comme d'habitude, mais je comprends qu'elle l'ait prise pour un doute sur notre sérieux devant elle.
- Voilà le problème: une ironie qui amuse l'équipe peut inquiéter quelqu'un qui n'a ni notre histoire commune ni notre connaissance des vrais délais.
- Tu as raison, et je dois me rattraper sans en faire trop: si je m'excuse trop longtemps, je lui fais remarquer encore plus le malaise.
- Une phrase suffit: tu clarifies ce que tu pensais vraiment du calendrier, puis tu reviens au contenu, sans reprocher à Mme Roux de manquer d'humour.
- Je pourrais écrire: Madame, ma remarque sur l'optimisme du calendrier était maladroite; voici les trois étapes qui garantissent réellement la livraison de la première phase.
- Très bien, c'est un registre soutenu mais pas pompeux; entre nous tu dirais plutôt: j'ai fait le malin hier, désolé, voilà ce qu'il en est vraiment.
- Et si je plaisante de nouveau avec elle plus tard, il vaut mieux viser ma propre organisation que ses attentes ou son entreprise.
- Exactement, l'autodérision légère passe mieux avec quelqu'un qu'on connaît peu, mais seulement si elle ne remet pas en cause ta compétence.
- Je note tout cela, j'envoie ce message ce soir et, la prochaine fois, je garde mes blagues d'équipe pour la pause café.