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Comprendre et manier le double sens avec tact · Dire moins pour faire comprendre plus
The situation
Camille et Julien, collègues, se tutoient et parlent en registre courant d'une démonstration arrêtée deux fois devant leurs collègues.
- Ta démo d'hier a eu un petit souci, a dit Paul avec un grand sourire, alors qu'elle s'était arrêtée deux fois devant les clients.
- Oui, un petit souci, c'est une litote: on dit moins pour faire comprendre plus, et tout le monde sait que le problème était sérieux.
- Entre nous, ça fait rire, parce que nous avons vu la même chose; devant un client qui n'était pas dans la salle, ce serait différent.
- Exactement: pour lui, un petit souci pourrait être une vraie information fausse, donc on ne ferait plus de la litote, mais une minimisation trompeuse.
- Et quand ton chef dit ce n'est pas mauvais, après avoir lu ton rapport, tu comprends qu'il veut dire que c'est plutôt bon.
- Oui, en général, mais cela dépend de son ton et de ses habitudes: chez certains, ce n'est pas mauvais signifie vraiment que c'est moyen.
- Le registre aide aussi: en famille on dit c'est pas mal du tout, au bureau ce n'est pas mauvais, dans un éloge officiel ce n'est pas sans mérite.
- Dans tous les cas, la litote n'est pas un mensonge si l'autre peut reconnaître l'écart entre ce qu'on dit et ce que l'on pense.
- C'est le critère: un public qui connaît les faits rit de l'écart, alors qu'un public qui les ignore croit simplement ce qu'on lui dit.
- Alors pour le client, je dirai clairement que la démo s'est arrêtée deux fois et que nous l'avons corrigée, sans petit souci ni sourire.