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Comprendre et manier le double sens avec tact · Dire moins pour faire comprendre plus

The situation

Camille et Julien, collègues, se tutoient et parlent en registre courant d'une démonstration arrêtée deux fois devant leurs collègues.

  1. Ta démo d'hier a eu un petit souci, a dit Paul avec un grand sourire, alors qu'elle s'était arrêtée deux fois devant les clients.
  2. Oui, un petit souci, c'est une litote: on dit moins pour faire comprendre plus, et tout le monde sait que le problème était sérieux.
  3. Entre nous, ça fait rire, parce que nous avons vu la même chose; devant un client qui n'était pas dans la salle, ce serait différent.
  4. Exactement: pour lui, un petit souci pourrait être une vraie information fausse, donc on ne ferait plus de la litote, mais une minimisation trompeuse.
  5. Et quand ton chef dit ce n'est pas mauvais, après avoir lu ton rapport, tu comprends qu'il veut dire que c'est plutôt bon.
  6. Oui, en général, mais cela dépend de son ton et de ses habitudes: chez certains, ce n'est pas mauvais signifie vraiment que c'est moyen.
  7. Le registre aide aussi: en famille on dit c'est pas mal du tout, au bureau ce n'est pas mauvais, dans un éloge officiel ce n'est pas sans mérite.
  8. Dans tous les cas, la litote n'est pas un mensonge si l'autre peut reconnaître l'écart entre ce qu'on dit et ce que l'on pense.
  9. C'est le critère: un public qui connaît les faits rit de l'écart, alors qu'un public qui les ignore croit simplement ce qu'on lui dit.
  10. Alors pour le client, je dirai clairement que la démo s'est arrêtée deux fois et que nous l'avons corrigée, sans petit souci ni sourire.