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Comprendre et manier le double sens avec tact · Polysémie et homophonie sans tuer la blague
The situation
Nora et Thomas, collègues, se tutoient à la machine à café et parlent en registre courant de blagues dont Nora veut parler à Inès.
- Thomas, tu m'as dit hier: quel est le comble pour un électricien? De ne pas être au courant. J'ai ri avec un temps de retard.
- C'est de la polysémie: au courant veut dire informé, mais le courant est aussi l'électricité; un seul mot sert deux sens à la fois.
- Et la blague sur sain et saint? Là, ce sont deux mots différents qui se prononcent exactement de la même façon.
- Oui, c'est de l'homophonie: à l'oral on entend une seule phrase, mais l'esprit entend deux orthographes, et le sourire naît de ce petit saut.
- Alors, si je dois l'expliquer à Inès, je dis les deux sens en une phrase et je m'arrête avant de commenter l'effet.
- Très bien: évite de dire que c'est drôle parce que, car si tu insistes, tu transformes un trait d'esprit en cours de grammaire.
- Et si Inès ne connaît pas l'expression au courant, il vaut mieux commencer par elle, parce que le reste dépend de ce sens.
- Oui, donne d'abord le sens que tout le monde attend, puis le second sens, celui qui surprend; l'ordre fait vraiment la différence.
- Parfait, et pour l'homophonie j'écrirai les deux mots au tableau, parce qu'un jeu fondé sur le son disparaît quand on ne l'entend pas.
- Bonne méthode; tu verras, Inès sourira davantage si tu lui laisses le temps de découvrir seule le deuxième sens avant ton explication.