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Nuancer sans devenir flou · Ne pas tout mettre au conditionnel

The situation

Amandine et son collègue Farid terminent un bilan de traitement de dossiers. Ils se tutoient dans un registre professionnel courant.

  1. Sur les douze dossiers vérifiés, trois ont été traités après l'échéance, et je ne veux pas rendre ce constat hésitant dans notre bilan.
  2. Nous pouvons être affirmatifs sur ces douze dossiers, tout en réservant la conclusion sur l'ensemble du service que nous n'avons pas encore examiné.
  3. J'avais écrit que le service serait peut-être un peu lent, mais cette formule affaiblit le constat précis et élargit en même temps sa portée.
  4. C'est le problème: multiplier les marques de prudence ne suffit pas si l'on passe sans le dire d'un échantillon à une conclusion générale.
  5. Je vais donc nommer les trois retards observés et préciser que nous ne savons pas encore si la même proportion concerne les autres dossiers.
  6. Et notre demande de correction peut rester ferme pour les retards établis, même si l'explication de leurs causes demande encore des vérifications.
  7. Oui, la réserve sur la cause ne signifie pas que nous renonçons à demander un suivi des dossiers dont l'échéance a été dépassée.
  8. Nous distinguerons ainsi le fait constaté, la généralisation encore ouverte et la démarche corrective qui ne dépend pas d'une explication déjà complète.
  9. Cette rédaction sera plus utile qu'un conditionnel appliqué partout, car le lecteur saura ce qu'il peut tenir pour établi et ce qu'il doit encore examiner.
  10. Elle évitera aussi de transformer une demande précise en simple suggestion facultative sous prétexte que nous cherchons un ton plus mesuré.