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Nuancer sans devenir flou · Ne pas tout mettre au conditionnel
The situation
Amandine et son collègue Farid terminent un bilan de traitement de dossiers. Ils se tutoient dans un registre professionnel courant.
- Sur les douze dossiers vérifiés, trois ont été traités après l'échéance, et je ne veux pas rendre ce constat hésitant dans notre bilan.
- Nous pouvons être affirmatifs sur ces douze dossiers, tout en réservant la conclusion sur l'ensemble du service que nous n'avons pas encore examiné.
- J'avais écrit que le service serait peut-être un peu lent, mais cette formule affaiblit le constat précis et élargit en même temps sa portée.
- C'est le problème: multiplier les marques de prudence ne suffit pas si l'on passe sans le dire d'un échantillon à une conclusion générale.
- Je vais donc nommer les trois retards observés et préciser que nous ne savons pas encore si la même proportion concerne les autres dossiers.
- Et notre demande de correction peut rester ferme pour les retards établis, même si l'explication de leurs causes demande encore des vérifications.
- Oui, la réserve sur la cause ne signifie pas que nous renonçons à demander un suivi des dossiers dont l'échéance a été dépassée.
- Nous distinguerons ainsi le fait constaté, la généralisation encore ouverte et la démarche corrective qui ne dépend pas d'une explication déjà complète.
- Cette rédaction sera plus utile qu'un conditionnel appliqué partout, car le lecteur saura ce qu'il peut tenir pour établi et ce qu'il doit encore examiner.
- Elle évitera aussi de transformer une demande précise en simple suggestion facultative sous prétexte que nous cherchons un ton plus mesuré.