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Le mot juste, nuance par nuance · Même fait, autre jugement: connotation et registre
The situation
Sophie et Antoine se tutoient; ils rédigent ensemble une lettre de recommandation, en vous, pour un collègue nommé Paul, destinée à un comité.
- Pour la recommandation de Paul, j'allais écrire qu'il est radin avec le budget, mais je crois que ça ferait très mauvais effet auprès du comité.
- En effet, radin est familier et franchement péjoratif; économe reste courant et positif, tandis que parcimonieux, plus soutenu, garde une pointe de reproche.
- Alors pour son caractère, têtu serait trop familier aussi, et obstiné paraîtrait déjà moins négatif, même s'il garde l'idée d'un refus de céder.
- Oui; si Paul tient sa position parce qu'il a de bons arguments, écris plutôt qu'il est ferme ou constant, des mots clairement valorisants.
- Et s'il décide vite sur un coup de cœur, je dis qu'il est spontané, ou plutôt impulsif, puisqu'il a engagé des dépenses sans consulter l'équipe?
- Spontané reste chaleureux, impulsif signale un manque de réflexion; choisis selon ce que tu veux que le comité retienne, mais reste honnête.
- Je veux être honnête sans être injuste: je dirai donc qu'il réagit avec spontanéité, mais qu'il gagnerait à prendre davantage de recul avant de trancher.
- Voilà une nuance précise: la qualité apparaît d'abord, puis la réserve, et personne ne pourra te reprocher d'avoir déformé ce que tu observes.
- Même chose pour prudent et frileux: prudent valorise le sens du risque, alors que frileux suggère une peur excessive de bouger.
- Exactement; ces choix n'inventent rien, mais ils orientent la lecture, et une lettre de recommandation se juge justement à cette finesse de ton.