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Le mot juste, nuance par nuance · Même fait, autre jugement: connotation et registre

The situation

Sophie et Antoine se tutoient; ils rédigent ensemble une lettre de recommandation, en vous, pour un collègue nommé Paul, destinée à un comité.

  1. Pour la recommandation de Paul, j'allais écrire qu'il est radin avec le budget, mais je crois que ça ferait très mauvais effet auprès du comité.
  2. En effet, radin est familier et franchement péjoratif; économe reste courant et positif, tandis que parcimonieux, plus soutenu, garde une pointe de reproche.
  3. Alors pour son caractère, têtu serait trop familier aussi, et obstiné paraîtrait déjà moins négatif, même s'il garde l'idée d'un refus de céder.
  4. Oui; si Paul tient sa position parce qu'il a de bons arguments, écris plutôt qu'il est ferme ou constant, des mots clairement valorisants.
  5. Et s'il décide vite sur un coup de cœur, je dis qu'il est spontané, ou plutôt impulsif, puisqu'il a engagé des dépenses sans consulter l'équipe?
  6. Spontané reste chaleureux, impulsif signale un manque de réflexion; choisis selon ce que tu veux que le comité retienne, mais reste honnête.
  7. Je veux être honnête sans être injuste: je dirai donc qu'il réagit avec spontanéité, mais qu'il gagnerait à prendre davantage de recul avant de trancher.
  8. Voilà une nuance précise: la qualité apparaît d'abord, puis la réserve, et personne ne pourra te reprocher d'avoir déformé ce que tu observes.
  9. Même chose pour prudent et frileux: prudent valorise le sens du risque, alors que frileux suggère une peur excessive de bouger.
  10. Exactement; ces choix n'inventent rien, mais ils orientent la lecture, et une lettre de recommandation se juge justement à cette finesse de ton.