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Le mot juste, nuance par nuance · Provoquer, entraîner, causer: la chaîne des causes
The situation
Mme Bertin, ingénieure, et M. Roche, directeur d'usine, se vouvoient; ils rédigent le rapport officiel sur une panne qui a arrêté une ligne de production.
- Monsieur Roche, avant de rédiger le rapport sur l'incident, il faut distinguer ce qui a provoqué la panne de ce qu'elle a ensuite entraîné dans l'atelier.
- Vous voulez dire que la surchauffe du moteur a provoqué l'arrêt, mais que cet arrêt a entraîné un retard de livraison et des pénalités?
- Exactement, et ces pénalités ne découlent pas de la panne seule; elles résultent aussi d'une clause du contrat que nous avions acceptée sans réserve.
- Je vois la nuance: provoquer désigne l'événement déclencheur, tandis que découler de présente une suite logique, presque inévitable, d'une situation ou d'une décision antérieure.
- Quant à causer, il se dit surtout d'un dommage ou d'un souci: la fuite a causé des dégâts importants dans le local technique.
- Et pour les frais de déplacement des techniciens, j'écrirais que l'intervention les a occasionnés, parce que le mot reste mesuré et plutôt administratif.
- C'est juste; occasionner convient aux frais, au dérangement, aux désagréments, mais jamais à une catastrophe, pour laquelle on emploierait plutôt causer ou provoquer.
- Alors, dans le rapport, je note que la surchauffe a provoqué la panne, laquelle a entraîné le retard et occasionné des frais supplémentaires.
- Ajoutez que les pénalités découlent de la clause contractuelle, afin qu'aucun lecteur n'attribue cette conséquence à une faute de l'atelier lui-même.
- C'est entendu, madame; je vous soumettrai ce paragraphe demain matin, et nous pourrons ensuite le transmettre à la direction générale pour validation.