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Construire une argumentation longue · Conclure sans dépasser ce qui est établi
The situation
Sofia et son ami Yanis relisent un mémoire. Ils se tutoient; le mémoire lui-même est rédigé dans un registre soutenu pour un jury.
- Ma conclusion dit que mon enquête prouve l'efficacité du tutorat, mais je n'ai interrogé que douze élèves dans un seul établissement, et cela me gêne.
- Tu as raison d'hésiter: prouve engage beaucoup plus que tes données, alors que suggère ou tend à montrer dirait ce que tu as observé.
- Je pourrais écrire que les résultats vont dans le sens d'une efficacité, tout en précisant que l'échantillon ne permet pas de généraliser.
- Bonne formule; ajoute ce qui manquerait pour trancher, par exemple un groupe témoin, afin que ton ouverture soit une vraie piste de recherche.
- Mais une conclusion trop prudente risque de ne rien dire; mon jury attend quand même une position, pas seulement une liste de réserves.
- Alors affirme nettement ce qui est établi, à savoir une progression chez ces douze élèves, et distingue-le de ce qui reste hypothèse.
- Je veux aussi éviter d'introduire un argument nouveau, car la dernière page n'est pas le lieu pour une idée que je n'ai pas défendue.
- Oui, une conclusion rappelle ce qui a été montré, mesure sa portée et ouvre; elle n'ajoute pas une démonstration de dernière minute.
- Dans ce cas, je terminerai sur la question de la durée: on ignore encore si cette progression se maintient après l'arrêt du tutorat.
- Voilà une ouverture honnête, qui reconnaît une limite sans s'en excuser, et qui donne à ton lecteur une raison de poursuivre ton travail.